• Novembre

    Les soleils de Novembre

    (extrait)

     

    Un beau ciel de novembre aux clartés automnales

    Baignait de ses tiédeurs les vallons vaporeux ;

    Les feux du jour buvaient les gouttes matinales

    Qui scintillaient dans l’herbe au bord des champs pierreux.

     

    Les coteaux de Lormont, où s’effeuillaient les vignes,

    Étageaient leurs versants jaunis sous le ciel clair ;

    Vers l’orient fuyaient et se perdaient leurs lignes

    En des lointains profonds et bleus comme la mer.

     

    Lente et faible, la brise avait des plaintes douces

    En passant sous les bois à demi dépouillés ;

    L’une après l’une au vent tombaient les feuilles rousses,

    Elles tombaient sans bruit sur les gazons mouillés.

     

    Hélas ! plus d’hirondelles au toit brun des chaumières,

    Plus de vol printanier égayant l’horizon ;

    Dans l’air pâle, émanant ses tranquilles lumières,

    Rayonnait l’astre d’or de l’arrière-saison.

     

    La terre pacifique, aux rêveuses mollesses,

    Après l’âpre labeur des étés florissants,

    Semblait goûter, pareille aux sereines vieillesses,

    Les tièdes voluptés des soleils finissants.

     

    Avant les froids prochains, antique Nourricière,

    Repose-toi, souris à tes champs moissonnés !

    Heureux qui, l’âme en paix au bout de sa carrière,

    Peut comme toi sourire à ses jours terminés !

     

    Auguste Lacaussade, Les Automnales (1876)

     


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  • Halloween s'en vient

    Je suis Robert le ver

    Affreux, visqueux, gluant,

    J’habite dans un cimetière

    Avec des morts vivants :

    Vampires, squelettes, gargouilles,

    On est copains, copines.

    Et le soir d’Halloween,

    Dans les rues, en patrouille

    Comme une armée en guerre,

    Nous sortons nos citrouilles

    Pour conquérir la terre.

     

    Parents, parents, ouvrez !

    Ouvrez votre maison

    Et pour nous rassasier

    Jetez-nous des bonbons

    Des qu’on suce, des qu’on croque,

    Des qu’on gobe, des qu’on cloque

     

    Jetez-nous tous vos bonbons

    Parents, contre une chanson

    Nous saurons les ramasser.

    Les partager, les manger.


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  • Vive l'automne

    Dans le parc aux lointains voilés de brume, sous

    Les grands arbres d’où tombe avec un bruit très doux

    L’adieu des feuilles d’or parmi la solitude,

    Sous le ciel pâlissant comme de lassitude,

    Nous irons, si tu veux, jusqu’au soir, à pas lents,

    Bercer l’été qui meurt dans nos coeurs indolents.

    Nous marcherons parmi les muettes allées ;

    Et cet amer parfum qu’ont les herbes foulées,

    Et ce silence, et ce grand charme langoureux

    Que verse en nous l’automne exquis et douloureux

    Et qui sort des jardins, des bois, des eaux, des arbres

    Et des parterres nus où grelottent les marbres,

    Baignera doucement notre âme tout un jour,

    Comme un mouchoir ancien qui sent encor l’amour.

     

    Albert Samain

    Le Chariot d'or


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  • Des souriants, des craintifs, des anxieux

    Des pressés, des endormis, des heureux

    Parfois quelques légers pleurs

    Sur le visage ou cachés au fond du cœur

    Premiers pas, nouvelle classe peut-être

    La tête de la maîtresse ou celle du maître

    Ribambelle de nouveaux cartables

    Cahiers et classeurs neufs sur chaque table

    Allez, en avant toute, nouvelle année !

    On est tous sûrement super motivés !

    Retour des copines et des copains

    Ici la rentrée, c’est toujours bien !

     

    John Durili

     

    Vive la rentrée

     


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  • Juillet

    Assise tout au bord d'un nuage

    Ça fait des jours que je voyage

    Et dans mes vagabondages

    J'ai le vent comme équipage...

     

    Funambule au fil de l'eau

    Je fais la papotte aux oiseaux

    Et - il faut ce qu'il faut -

    J'ai mis une plume à mon chapeau

     

    J'ai mon chapeau soleil

    Mon écharpe arc-en-ciel

    J'ai tout oublié, je pense,

    Je suis en vacances.

     

    Christian Merveille


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  • Juin

    J'aime bien le mois de juin

    C'est celui des cerises

    Des longues journées sans fin

    Aux douces soirées exquises

     

    Très tôt dès le matin

    Tous les oiseaux devisent

    Et tard quand la nuit vient

    Certains encore s'avisent

     

    C'est temps des examens

    Où les sérieux révisent

    Et leurs moments malsains

    Des attentes indécises

     

    C'est tendres gazons coussins

    Où la rosée irise

    Les beaux serments divins

    Des amants qui se bisent

     

    Et puis au mois de juin

    On pense à ses valises

    Car très bientôt revient

    L'heure des vacances promises

     

    Robert Casanova


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  • Bonne fête aux mamans

    La fée

     

    La fée enchanteresse,

    La fée aux ailes d'or,

    Sur ses genoux caresse

    Le jeune enfant qui dort.

     

    Voyez le petit ange !

    Voyez l'ange vermeil !

    Un rêve, un rêve étrange

    Couronne son sommeil.

    Une puissante fée,

    Aux yeux bleus, au front pur,

    Porte comme un trophée

    Une écharpe d'azur.

     

    La fée enchanteresse,

    La fée aux ailes d'or,

    Sur ses genoux caresse

    Le jeune enfant qui dort.

     

    C'est pour lui, blanche reine,

    Que tu portes des cieux

    Une corbeille pleine

    De fruits délicieux,

    Et puis des fleurs écloses

    Au souille du zéphir,

    Et des papillons roses

    Aux ailes de saphir.

     

    La fée enchanteresse,

    La fée aux ailes d'or,

    Sur ses genoux caresse

    Le jeune enfant qui dort.

     

    Heureux de sa chimère,

    Quand il revit le jour,

    La fée était… sa mère,

    Son trésor, son amour ;

    Même il vit, ô merveille !

    Épars sur son chevet

    Les fleurs et la corbeille

    Et tout ce qu'il rêvait.

     

    La fée enchanteresse,

    La fée aux ailes d'or,

    Sur ses genoux caresse

    Le jeune enfant qui dort.

     

    Du paradis venue

    Vers notre premier nid,

    Une fée ingénue

    Nous berce et nous bénit ;

    Et puis, soeur ou compagne,

    Par la joie et les pleurs

    Elle nous accompagne

    En nous couvrant de fleurs.

     

    La fée enchanteresse,

    La fée aux ailes d'or,

    Sur ses genoux caresse

    Le jeune enfant qui dort.

     

    Pierre Lachambeaudie

     


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  • C'est le printemps !!

    PRINTEMPS

    Tout est lumière, tout est joie.

    L'araignée aux pieds diligents

    Attache aux tulipes de soie

    Les rondes dentelles d'argent.

    La frissonnante libellule

    Mire les globes de ses yeux

    Dans l'étang splendide où pullule

    Tout un monde mystérieux.

    La rose semble, rajeunie,

    S"accoupler au bouton vermeil,

    L'oiseau chante plein d'harmonie,

    Dans les rayons pleins de soleil.

    Sous les bois, où tout bruit s'émousse,

    Le faon craintif joue en rêvant :

    Dans les verts écrins de la mousse,

    Luit le scarabée, or vivant.

    La lune au jour est tiède et pâle

    Comme un joyeux convalescent ;

    Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale

    D'où la douceur du ciel descend !

    Tout vit et se pose avec grâce, 

    Le rayon sur le seuil ouvert,

    L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,

    Le ciel bleu sur le coteau vert !

    La plaine brille, heureuse et pure ;

    Le bois jase ; l'herbe fleurit.

    - Homme ! Ne crains rien ! La nature

    Sait le grand secret, et sourit.

     

    (Victor Hugo)


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  • Bonne fête de la St Patrick

    Qui jette une pierre à travers la vitre d'un pub irlandais

    Blesse deux poètes et trois musiciens

    (proverbe irlandais)


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  • Le temps des amours

    A CELLE QUE J'AIME

     

    Dans ta mémoire immortelle

    Comme dans le reposoir

    D'une divine chapelle

    Pour celui qui t'est fidèle 

    Garde l'amour et l'espoir

     

    Garde l'amour qui m'enivre

    L'amour qui nous fait rêver

    Garde l'espoir qui fait vivre

    Garde la foi qui délivre

    La foi qui nous doit sauver

     

    L'espoir c'est de la lumière

    L'amour c'est une liqueur

    Et la foi c'est la prière

    Mets ces trésors ma très chère

    Au plus profond de ton coeur

     

    Nérée Beauchemin

     


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  • Bonne année 2014

     

    Les sept jours frappent à la porte. 

    Chacun d'eux vous dit : lève-toi ! 

    Soufflant le chaud, soufflant le froid, 

    Soufflant des temps de toute sorte 

    Quatre saisons et leur escorte 

    Se partagent les douze mois. 

    Au bout de l'an, le vieux portier 

    Ouvre toute grande la porte 

    Et d'une voix beaucoup plus forte 

     Crie à tout vent : premier janvier ! 

     

    Pierre Menanteau


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  • Décembre

    Le givre étincelant, sur les carreaux gelés,

    Dessine des milliers d'arabesques informes

    Le fleuve roule au loin des banquises énormes

    De fauves tourbillons passent échevelés

     

    Sur la crête des monts par l'ouragan pelés,

    De gros nuages lourds heurtent leurs flancs difformes

    Les sapins sont tout blancs de neige et les vieux ormes

    Dressent dans le ciel gris leurs grands bras désolés

     

    Des hivers boréaux tous les sombres ministres

    Montrent à l'horizon leurs figures sinistres

    Le froid darde sur nous son aiguillon cruel

     

    Evitons à tout prix ses farouches colères

    Et, dans l'intimité, narguant les vents polaires,

    Réchauffons-nous autour de l'arbre de Noël

     

    (Louis-Honoré FRECHETTE)

     

     


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  • L'inaccessible rêve...

    En nous efforçant d'atteindre l'inaccessible, nous rendons impossible ce qui serait réalisable

    (Paul Watzlawick)


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  • Le temps de Novembre

    La rose de novembre

     

    Il n'est plus belle fleur qu'une rose d'automne,

    Quand elle sait déjà que ses jours sont comptés,

    Et que près de sa fin, généreuse, elle donne

    Encor plus de parfum qu'aux beaux jours de l'été.

     

    Dans le brouillard léger d'une aube de novembre,

    Alors que les oiseaux ne savent plus chanter, 

    Elle va défroisser sa robe d'or et d'ambre

    Pour s'offrir aux regards dans toute sa beauté.

     

    Mais un souffle de vent la blesse, la défeuille.

    Sitôt qu'il a séché ses larmes de rosée,

    Elle cache ses joues dans son écrin de feuilles

    Pour vivre encor un peu, encor une journée.

     

    O toi qui ne sais pas combien est éphémère

    La rose qui s'endort et va vers son trépas,

    Si tu passes près d'elle au jardin de ta mère,

    Je t'en supplie, enfant, non, ne la cueille pas.

     

    Laisse-la retenir la vie qui l'abandonne,

    Suivre des vols d'oiseaux glissant dans le ciel clair.

    Il n'est plus belle fleur qu'une rose d'automne

    Qui se meurt doucement, aux premiers jours d'hiver.

     

    Renée Jeanne Mignard

     

     

     

     


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  • Chapeau pointu et gros derrière,

    Longs doigts crochus et sales manières,

    Cheveux grisâtres longs jusqu'à terre,

    Elle est comme ça, Marie-Mémère !

    Bave de crapaud et vers de terre,

    Araignées noires et feuilles de lierre,

    Ajouter un pot de poussière,

    Voilà la recette qu'elle préfère !

    Et son balai qui fend les airs,

    Qui marche avant, qui marche arrière,

    C'est pour aller voir ses commères

    Ou jeter des sorts sur la terre !

    Chapeau pointu et gros derrière,

    Marie-Mémère est une sorcière

    Qui habite loin d'ici j'espère...

    (Marie Aubinais)

     

     

     


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